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Journal n° 3
Edition avril - juin 2002

 

Raffaele Surico Le pardon est-il à la mode ?

Par Raffaele Surico

Pardonner n'est pas une réaction naturelle de l'homme, sa tendance est plutôt de se faire justice. Et s'il faut pardonner? Que se soit après que l'offenseur se soit repenti et qu'il ait demandé pardon. Si on veut parler de pardon on doit d'abord dire que cela concerne deux personnes ou deux groupes qui sont en opposition car la où il y a besoin de pardon c'est qu'il y a eu confrontation. Celui qui a été offensé et celui qui a offensé sont appelés à participer à l'œuvre de réconciliation. Il faut aussi ajouter un troisième élément: Dieu. Pour avoir un réel rétablissement des relations nous ne pouvons pas nous en passer, de Dieu. C'est de notre relation avec notre Créateur que découle notre capacité d'instaurer des relations harmonieuses avec nos semblables.

Comment Dieu a-t-il agit suite à l'offense reçue de l'humanité ?
"Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous." (Romains 5:8)

Dieu lui-même a trouvé le remède pour restaurer la relation avec les hommes. Mais une condition est posé : il faut accepter ce pardon reconnaissant notre état de pécheurs. Entre les hommes agissons-nous de la même manière ? Qui accorderait son pardon avant même que l'autre ne nous l'ait demandé ? D'autre part pouvons-nous forcer quelqu'un à demander pardon ?

Nous avons lancé un sondage sur www.appelafrique.com sur le thème: Les chrétiens occidentaux doivent-ils demander pardon pour l'esclavage ? Voilà un extrait de réponse donnée par un frère africain : "Ce que je demanderais à nos frères africains c'est d'accorder ce pardon sans condition comme Dieu nous a pardonné inconditionnellement. Pourtant la parole de Dieu nous demande de porter des fruits dignes de la repentance…" et encore "Où voulez-vous que le pardon puisse passer si les signes de discrimination restent toujours? Nous devons savoir que la repentance exige un changement…".

La réconciliation ne peut pas s'inventer, elle est le fruit du travail des deux parties en cause et de l'action directe de Dieu par Jésus-Christ.
"Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire." Jean 15:5
"Tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous la parole de la réconciliation." 2 Corinthiens 5:18-19

Pardonner n'est pas à la mode, demander le pardon non plus. Mais les chrétiens sont appelés, par Dieu, à faire la différence dans ce monde. Travaillons tous ensemble afin d'atteindre des résultats qui soient à la gloire de Dieu. Appel Afrique veut être à disposition de tous ceux qui veulent apporter leur contribution et leurs idées dans la construction d'une véritable réconciliation entre les peuples et avec l'histoire.

Bonne lecture.

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L'amour des ennemis

Par Jean-Pierre Zang

Les ennemis, qui sont-ils? Où sont-ils? Que veulent-ils? Un jour que nous évoquions ce sujet concernant des différentes attitudes de haine et d'animosité, dans une discussion fraternelle et familiale, l'épouse d'un collègue témoigna en ces termes : "Si vous voulez vivre l'expérience de la haine ou d'une animosité sans détour, venez dans nos églises. J'en ai souffert…Je m'étais demandé s'il ne me fallait pas quitter cette église et ce lieu où finalement je ne vivais pas ce que je pensais vivre…C'est alors que je compris dans une de mes méditations que nous devions lutter, je dirais même combattre, mais pas avec les mêmes armes que ceux qui portent cette haine…"

Ces armes, quelles sont-elles ?

Dans notre vision cartésienne, nous avions l'impression que l'homme tirait sa pleine satisfaction dans la réciprocité matérielle, physique et spirituelle. Le talion de Moïse, notre patriarche, œil pour œil et dent pour dent, était la règle de vie. Nous aimions Dieu parce qu'il nous aimait. Si notre voisin venait à brûler notre grange avec toute sa récolte, même par inadvertance, notre satisfaction ne serait totale que lorsque de manière équivalente, nous aurions fait de même; bien que cela ne nous restitue pas ce que nous avions perdu. Voilà l'une des multiples évidences de réciprocité émanant de notre nature humaine. Mais voici qu'arrive l'homme de Galilée, le saint de Dieu, Jésus, qui nous exhorte à faire autrement, et pas n'importe comment; à aimer celui qui ne nous aime pas.

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N'oubliez pas l'hospitalité

Par Guillaume Ndam Daniel

La condition chrétienne est une condition d'étranger: "car nous n'avons point ici bas de cité permanente" (Hé 13:14) mais "sommes étrangers et voyageurs sur la terre" (Hé 11:13b).

Jésus a dit "Je suis la Porte" nous donnant ainsi la possibilité de le dire aussi: nous sommes une porte, une porte pouvant accueillir l'étranger qui se trouve au-milieu de nous. Nous ne devons pas seulement passer par la porte mais être la porte. Au premier abord, la porte est symbole d'emprisonnement, d'exclusion, d'angoisse nous empêchant d'aller à la rencontre de l'étranger que nous savons être juste de l'autre côté de la porte. Mais pour le chrétien, la porte devient symbole d'ouverture, de compréhension, d'abandon des préjugés. Le comportement de certaines de nos églises face aux étrangers, semble être à l'image du prêtre de la parabole du bon samaritain. Mais comment devenir Samaritain, c'est-à-dire étranger ? Faut-il tirer (ouvrir) ou fermer la porte ?

L'article complet paraît dans le numéro d'avril 2002 du journal .

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Le coin du chercheur

A la demande de plusieurs lecteurs, Appel Afrique vous propose désormais cette nouvelle rubrique. Par cette courte étude, nous désirons mettre à disposition de chacun, une documentation biblique, archéologique, linguistique, historique, etc. souvent réservée à quelques spécialistes. L'occasion vous sera ainsi donnée, chaque trimestre, de découvrire la signification et l'histoire d'un mot de la bible. Vos remarques, questions ou demandes concernant la rédaction de cette rubrique sont bien sûr les bienvenues. Ce trimestre, nous étudions la signification et l'histoire d'Abdias ainsi que du livre biblique du même nom.

L'article complet paraît dans le numéro d'avril 2002 du journal .

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Le nouvel album de Runo Mvumbi "Univers 2000"

Au Congo, Runo Mvumbi n'est pas à présenter. Dans les rues de Kinshasa, ses chansons retentissent sur les ondes des radios locales, et ses mélodies sont déjà sur toutes les lèvres. Que Dieu en soit glorifié, Lui qui est le centre du message de ce chanteur chrétiens actuel. Car si ses rythmes plaisent et donnent envie de danser, ses paroles sont pleines de sens, tel " Jésus est mon grand frère, je ne craindrai rien. Quel que soit les circonstances difficiles qui m'arrivent, je lèverai mes yeux vers Lui " (tiré de Yesu Yaya)

Si beaucoup connaissent et apprécient les six premiers albums de l'artiste, qui a déjà eu l'occasion d'entendre Univers 2000, enregistré en collaboration avec Marco Morandi, ancien footballeur de ligne nationale A en Suisse. De cet album particulier, Runo dit : "A travers cette œuvre, nous apportons la paix, la joie et l'unité. Nous brisons le tribalisme, le racisme et la division". L'auteur a accepté de recevoir l'équipe d'Appel Afrique, afin de nous décrire le travail accompli avec Marco.

Pour vous tenir informé des dates et lieux de concerts de Runo Mvumbi, veuillez consulter l'Agenda APAF  Merci

L'article complet paraît dans le numéro d'avril 2002 du journal .

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Journal Un coeur

Entrevue avec Jean-Robert Ndinsil

"La Bible nous dit : "La multitude de ceux qui avaient cru n'était qu'un cœur et qu'une âme" (Actes 4:32), je souhaite donc que la revue " Un Cœur " puisse produire en nous tous un véritable esprit de famille. Si Jésus-Christ est réellement notre Sauveur et Seigneur à tous, si notre foi tire sa force dans la Bible, Parole du Dieu VIVANT, alors nous sommes un même peuple. Que personne ne nous sépare. C'est pourquoi UN CŒUR ne porte le drapeau d'aucune église ni dénomination. Elle est une revue au service des enfants de Dieu."

Faites plus ample connaissance avec Jean Robert Ndinsil, son équipe, et le but qu'ils poursuivent ensemble depuis plusieurs années.

L'article complet paraît dans le numéro d'avril 2002 du journal .

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Rubrique Internet

par Nicole Rosset

La majorité des virus se logent dans une pièce jointe d'un courrier électronique. Méfiez-vous donc comme de la peste des pièces jointes.

Même si elles proviennent de vos amis ! Contrairement à la légende qui veut que les virus viennent d'inconnus, les virus proviennent presque toujours de personnes que l'on connaît. En effet, une fois un virus installé dans un ordinateur, il se propage en s'envoyant aux personnes inscrites dans le carnet d'adresses. Parfois aussi il profite des messages trouvés dans la boîte de réception pour simuler une réponse à ces messages, ceci est particulièrement sournois car le destinataire recevra ce qu'il croira être une réponse à un mail précédemment envoyé par ses soins, ce qui endormira sa méfiance.

Si le texte qui accompagne la pièce jointe est vague ou bizarre, soyez prudent. Autrefois les textes étaient toujours en anglais, maintenant, le texte des virus est parfois puisé dans les documents trouvés dans l'ordinateur. Ce qui implique qu'ils sont dans la langue de l'ordinateur infecté, mais ce qui a aussi parfois pour conséquence grave que certains textes confidentiels circulent sans contrôle sur Internet.

En ce qui concerne les noms des pièces jointes, n'ouvrez jamais une pièce jointe lorsque son nom se termine en .exe ou .vbs (ces caractères après le point, généralement au nombre de 3 s'appellent l'extension). De même toute pièce jointe qui a un nom bizarre ou qui porte 2 extensions (exemple : jimmyhendricks.mp3.vbs) doit être évitée. Un virus récent propose des photos d'une soit-disant fête commune. Méfiez-vous donc de tout !

Que faire en cas de présence suspectée de virus ?
Norton, de par le contrôle qu'il prend sur votre courrier électronique, est parfois (mais pas toujours) capable de détecter les virus au moment où vous le recevez de votre fournisseur d'accès. Suivant les cas, il vous propose diverses options ; choisissez de réparer ou supprimer le fichier en question.
McAfee, quant à lui, ne détecte rien au moment où vous recevez le message, c'est au moment où vous choisissez d'ouvrir ou d'enregistrer la pièce jointe qu'il analyse le fichier et qu'il détecte le virus.

Quel que soit votre anti-virus, en cas de doute quant à une pièce jointe, choisissez toujours de l'enregistrer sur votre disque. En effet, s'il y a un virus, il sera détecté à ce moment-là déjà, sans que vous ayez ouvert la pièce jointe, donc sans aucune contamination potentielle. Là aussi, si un virus est détecté, choisissez de supprimer le fichier contaminé.

Tout ceci n'est bien sûr valable que si votre anti-virus est soigneusement à jour ; et encore ! si le virus vient de sortir, l'anti-virus ne sera pas en mesure de le détecter. Le bon sens et la prudence s'imposent donc même si l'anti-virus ne détecte rien.

Vérifier le contenu de son disque
En plus de la vérification des virus dans les messages de courrier électronique, un anti-virus vous propose également de vérifier tout le contenu de votre disque dur, ce qu'il faut faire régulièrement (au moins une fois par mois, typiquement après une mise à jour de l'anti-virus).

Dans ces cas-là, il faut bien faire attention à ce que l'anti-virus vérifie tous les fichiers de votre ordinateur, et pas seulement les programmes. En effet, autrefois les virus se logeaient exclusivement dans les programmes et eux seuls devaient être testés ; de nos jours, les virus se logent partout et il est nécessaire de tout analyser. Cela va bien sûr prendre beaucoup de temps, mais vous pouvez travailler en même temps que l'analyse de votre machine, même si c'est de façon un peu ralentie.

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Les chrétiens doivent-ils demander pardon pour l'esclavage ?

Sondage

Je suis africain aussi, et je pense qu'en tant que chrétiens nous devons apprendre à pardonner. Que les occidentaux nous demandent pardon ou pas, cela ne nous avancera à rien dans notre relation avec le Seigneur. De plus, ce ne sont pas eux qui avaient commis ces erreurs; ce sont leurs parents. Les péchés sont individuels devant Dieu. Votre préoccupation intéresserait les milieux politiques et non les milieux chrétiens. C'est un avis personnel que je livre. Cela nous apporterait des distractions alors qu'il nous fallait aller plus dans la recherche de la vérité et dans la diffusion de l'évangile. Ca ne peut que susciter des sentiments négatifs dans certains chrétiens africains contre leurs frères occidentaux, et cela pour rien.
Votre frère Pasteur Joseph Kitenge, Kinshasa RDC

Chers frères et amis africains,
Je suis profondément choqué d'abord, par le thème et la démarche qui sont entrepris ici pour une demande de pardon des chrétiens (vous dites) occidentaux à notre égard pour le crime de l'esclavage de leurs ancêtres; et après pour la très honteuse exploitation de l'évangile que vous faites ici en citant Mtt.5. Je nous appelle à méditer en profondeur à cette parole de Paul aux Romains (Rm.8:28). De cette méditation vous comprendrez peut-être ce qu'en substance je vais vous dire ici. Sur le plan où vous avez situer le débat, si il y a demande de pardon à concevoir, je pense en priorité que c'est aux différents peuples d'Afrique noire de demander continuellement pardon à leur frères et fils vendus pour une tasse de sel. La thèse qui dit qu'ils n'avaient pas de choix est insoutenable, car vous devez vous aussi être au courant que l'homme n'est rien s'il ne sait dire NON (comme disait l'autre). Nos ancêtres ont fait un mauvais choix et je pense qu'il est temps pour chacun de nous d'assumer de la plus digne des façons sa négritude en affrontant de face sa propre culpabilité. Laissons les chrétiens occidentaux (comme vous dites) gérer leur culpabilité parce que nous avons déjà fort à faire pour nous-même et nous n'y arrivons pas. Dites-moi, le concept de réconciliation ne vaut-il la peine que lorsque nous parlons de l'occident? Ne devrions-nous pas commencer cette réconciliation à l'intérieur de cette belle Afrique qui se déchire? Comment pensons-nous pratiquer de l'humilité face aux occidentaux tout en restant des loups sans vergogne pour nos congénères? Ne devrions-nous pas commencer par nous-mêmes sans murmures et conspirations?....... La meilleure façon de fuir notre côté sombre est de rendre les autres responsables de ce qui nous arrive. Je ne dis pas qu'ils n'ont aucune responsabilité! Mais je préfère d'abord balayer ma maison et ma cour pour mieux manifester contre la crasse qui m'environne.

Jean-Pierre Zang

Le chrétien en tout lieu et en tout temps, devait être le défenseur du droit des opprimés. Il ne peut supporter l'arbitraire en matière de justice, et tout acte inique aux yeux de Dieu. L'esclave, le colonialisme et je ne sais quoi d'autre étaient des événements qui, hier portaient en eux-mêmes le germe de leur propre injustice, la force de la mort et certainement aujourd'hui encore. Parlant de l'esclavage, l'un des plus grands historiens de notre siècle, Elikia M'bokolo dira que "nulle part ailleurs dans le monde ne se rencontre en effet une tragédie d'une telle ampleur." Avec l'église on trouve en effet cette interprétation fallacieuse de la Genèse 9.18-25 qui, entre autre a encouragé la traite des Noirs. Selon cette interprétation les Noirs, sont les descendants de Cham et seraient maudits et condamnés à être des esclaves. Ce qui m'emmène à croire que l'église du Christ qui avait le devoir d'annoncer dans sa pureté la Parole de Dieu a oublié son devoir de ne servir que Dieu seul. Dans cette errance, elle s'est mise au service des hommes. Ainsi, la race a primé sur la vérité de l'Évangile. Le peuple de Dieu qui devait être uni ici-bas afin d'expérimenter sa promesse, s'est divisé chacun selon sa race et selon son continent; posant ainsi un autre fondement que celui qui est déjà posé, à savoir Jésus-Christ. Dès lors, le cœur du peuple de Dieu est désormais dans la parenté du sang selon la chair et non dans celui du Christ. Est-ce ça que la Bible nous demande ? ? ? Depuis des années, nous nous sommes bercés de l'espoir que l'église, ou si vous voulez, l'occident reconnaîtrait sa faute à notre égard. Mais rien n'y fait. On nous fait comprendre au contraire que ce sont nos ancêtres Noirs qui sont les vrais coupables dans cette histoire. (Du coup, la victime devient son propre bourreau). Soit, mais je ne crois pas que leurs fautes soient à la hauteur de nos supplices ! Ceux qui sont un peut plus honnêtes, mais qui n'osent pas le pas de l'humilité diront : ceux qui vous ont pillé et qui pillent encore l'Afrique n'étaient et ne sont pas de vrais chrétiens. Prouvez-nous que vous, vous êtes des vrais chrétiens ! ! ! Quand on est fermement croyant et qu'on sait ce qui s'est passé et qui se passe encore sur le continent Noir, on ne peut vouloir se dérober à l'idée d'un pardon qui s'impose de lui-même. Car ne vous y trompez pas, les humiliation de l'Afrique n'ont pas cessés…Elles continuent sous vos yeux. Mais comment peut-on pardonner notre frère qui ne vient même pas une seule fois sur 70x7 nous présenter ses excuses ? Il n'y a rien de biblique ni de vrai dans un pardon qu'on accorde à quelqu'un qui ne nous le demande pas. Comme le dit l'autre, "seul l'esclave qui ne cherche pas sa liberté, mérite ses chaînes". Moi, je veux pardonner l'Occident et m'unir en Christ avec mes frères blancs. Alors cette démarche est plus que souhaitable.
Paul Miampo

Si vous désirez participer à la discussion ou lire d'autres témoignages sur le sujet, visitez la Page Palabres/Forum d'Appel Afrique. Merci de votre contribution.

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Les chrétiens doivent-ils demander pardon pour l'esclavage ?

Interview - Jean-Pierre Besse, agent de la Ligue pour la Lecture de la Bible en Suisse

De nombreux chrétiens occidentaux ont eu à cœur de s'engager dans une action semblable. A ce sujet, nous avons rencontré Jean Pierre Besse, agent de la Ligue pour la Lecture de la Bible en Suisse.

Monsieur Besse, avez-vous personnellement déjà eu l'occasion de présenter une demande de pardon collective (de la part des chrétiens occidentaux) pour la traite des Noirs ou autre événement analogue ?

J'ai eu, en effet, par quatre fois l'occasion de participer à des démarches de réconciliation, sur le plan surtout spirituel, entre Africains ou Musulmans et Européens. En 1993, lors d'une conférence COEF 5 à Bordeaux, nous nous sommes lavés les pieds entre Noirs et Blancs à propos des blessures consécutives à la traite des Noirs et du colonialisme. Il y a aussi eu le Séminaire d'Yverdon il y a 2 ans. Et en janvier de cette année 2002, en Ouganda, lors d'une Conférence de prière organisée par John Mulinde, les délégations européennes ont eu l'occasion de demander pardon aux délégations africaines et à leurs peuples à cause de la Conférence de Berlin à la fin du 19ème siècle où les puissances coloniales se sont partagé les territoires africains de façon arbitraire et égoïste. Mentionnons aussi la "Marche de Réconciliation" à la fin des années 90 où des centaines de chrétiens sont allés demander pardon aux musulmans et aux Juifs pour les méfaits et destruction des croisades du Moyen-Age dans les pays du Proche-Orient (j'y ai participé moi-même en Turquie).

Quelles ont été les réactions des personnes présentes ?

J'ai noté l'émotion que ressentaient plusieurs personnes à qui ce "lavage des pieds" ou ces demandes de pardon étaient adressés. Des réponses collectives aussi, mais plus difficiles à cerner: ces démarches étaient fortement appréciées, m'a-t-il semblé. Surtout, ceux qui ont organisé de telles manifestations pensaient (et moi aussi) que ces actes de réconciliation déliaient quelque chose dans le monde spirituel et ôtaient une part de malédiction sur les dominateurs - oppresseurs, tout en libérant les victimes d'un joug d'infériorité et d'amertume. Bien sûr, de tels actes, plus ou moins symboliques, ne remplacent pas des démarches de réparation de la part de représentants d' autorités politiques des nations concernées, ni non plus d'autorités ecclésiastiques officielles. Mais elles ouvrent des portes à l'Evangile, je pense.

Partagez-vous l'idée selon laquelle les chrétiens de l'époque admirent l'esclavage en se basant sur Exode 9:25 " Maudit soit Canaan ! Qu'il soit l'esclave des esclaves de ses frères " ?

Je pense que certains chrétiens, en effet, ont admis l'esclavage ou tout au moins la domination des peuples occidentaux en se réclamant de certains versets de l'A.T., entre autres celui que vous citez (Genèse 9.25-27); j'ai en tout cas entendu une fois un Blanc sud-africain me soutenir la théorie de la suprématie des Blancs sur les Noirs en se réclamant de ces versets qu'il lisaient sans tenir compte de la nouvelle situation issue de la mission de Jésus-Christ. Je lui ai répondu que : 1) nulle part la Bible n'établit de lien évident entre Canaan et les Noirs d'Afrique et 2) surtout qu'en Jésus-Christ, ce genre de barrière et de malédiction n'a plus cours, étant levées par le sacrifice de la croix (plus ni Juifs ni Grecs, plus ni esclaves ni hommes libres, etc Ga 3:28; 1Co12:13).

La plupart des chrétiens occidentaux sont horrifiés de ce passé. Pourquoi alors demander pardon pour un crime que l'on a toujours condamné ?

Je pense qu'il est juste de demander pardon pour des crimes que nous n'avons jamais commis nous-mêmes ni même approuvé, simplement parce que nous sommes les descendants de ceux qui ont commis ces actes et qu'en tant que nations ou ethnies, nous portons une responsabilité collective que la Bible montre à plusieurs reprises. En demandant pardon, il s'agit donc de reconnaître une culpabilité nationale: nous confessons le péché de nos ancêtres et demandons à en être dégagés. J'ai aussi eu l'occasion d'expérimenter cela lors de l'affaire des fonds juifs en déshérence, en février 1996 (sauf erreur) sur la place fédérale à Berne (3 ou 4000 mille chrétiens) et aussi lors de la Marche de la Réconciliation susmentionnée.

De telles démarches ne laissent-elles pas songeurs alors que la politique nord-sud n'a pas du tout évolué depuis la colonisation ?

Il est vrai que de telles démarches ne changent pas forcément les rapports géopolitiques entre nations; elles ont cependant une grande valeurs au sein de l'Eglise, Corps du Christ, une valeur à la fois thérapeutique pour les personnes et les églises, mais aussi une valeur spirituelle dont la portée "politique" se révélera lors de l'Avènement du Seigneur, sinon déjà avant. Je les crois utiles, même si "le monde" pécheur continue encore pour un temps sa marche sous la domination du "Prince de ce monde".

On reproche aussi parfois aux missionnaires de n'avoir pas suffisamment défendu l'intérêt des Africains face aux puissances coloniales. Qu'en pensez-vous ?

Les reproches faits aux anciens missionnaires, de n'avoir pas suffisamment soutenu les intérêts des Africains face aux puissances coloniales est probablement fondé dans bien des cas. Mais je pense qu'il y a eu aussi bien des situations où des missionnaires ont été persécutés par leurs propres compatriotes en tentant de faire comprendre le point de vue des autochtones. En outre, il ne faut pas oublier que nous sommes toujours beaucoup plus conditionnés que l'on croit par la culture et les valeurs de l' époque et du lieu où nous vivons (c'est aussi vrai des Africains eux-mêmes). Le bilan global de l'action missionnaire passée me semble personnellement positif plus que négatif !

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Les chrétiens doivent-ils demander pardon pour l'esclavage ?

Réflexion

La grande diversité des réactions à cette question, posée sur trois forums de discussions Internet, http://reflexion.autre.net/discussion.htm, www.relation-aide.com et www.appelafrique.com montre un grand désir d'œuvrer à une réconciliation authentique. Même si chaque démarche n'est qu'une goutte d'eau, rappelons-nous qu'un amas de gouttelettes peut former un océan.

Si pour nombre d'Occidentaux, la question reste sans fondement, l'esclavage reste, pour les chrétiens européens ayant voyagé en Afrique, un épisode dramatique de l'histoire. "J'ai visité l'île de Gore et j'en ai pleuré" nous dit Jean-Marc. Joan eat quant à lui "plutôt sceptique devant cette nouvelle mode de demander pardon pour des fautes que d'autres ont commises il y a des siècles. Je préfère insister sur le présent et sur l'avenir". Effectivement, pour la plupart, le désir de voir se réaliser des actes concrets de réconciliation, travailler ensemble à reconstruire sur de nouvelles bases prime sur le vœu de ressasser un passé que beaucoup regrettent: "Avec un tel passé, j'ai honte d'être blanche" nous dit Elisabeth, qui sans le savoir, fait écho à Elikia M'bokolo , l'un des plus grands historiens de notre siècle "nulle part ailleurs dans le monde ne se rencontre une tragédie d'une telle ampleur".

Pour la plupart des chrétiens africains questionnés, une simple demande de pardon est vaine, si non accompagnée d'une remise en question de chacune des parties. "Si l'esclavage était à recommencer il y aurait des Noirs qui trouveraient le moyens de vendre leurs frères pour des miettes" nous dit Joan. Et pour Jean-Pierre Zang, "s'il y a demande de pardon à formuler, je pense en priorité que c'est aux différents peuples d'Afrique Noire de demander continuellement pardon à leur frères et fils vendus pour une tasse de sel. La thèse qui dit qu'ils n'avaient pas de choix est insoutenable, car vous devez vous aussi être au courant que l'homme n'est rien s'il ne sait dire NON. Nos ancêtres ont fait un mauvais choix et je pense qu'il est temps pour chacun de nous d'assumer de la plus digne des façons sa négritude en affrontant de face sa propre culpabilité. Laissons les chrétiens occidentaux (comme vous dites) gérer leur culpabilité parce que nous avons déjà fort à faire pour nous-même et nous n'y arrivons pas".

Le souhait de chacun est de construire l'avenir en tenant compte des erreurs du passé plutôt que de chercher un bouc émissaire aux souffrances de jadis. Si une demande de pardon est malgré tout souhaitée par plusieurs, elle l'est plus dans le but de réhabiliter que de culpabiliser. Bonam ajoute: "Les Blancs ont aboli l'esclavage de leur propre initiative, mais je pense que par souci d'avancement il faut qu'ils demandent pardon au nom de leur ancêtre et reconnaissent leurs fautes car il faut encore le redire l'Afrique permet (aujourd'hui encore) à l'Europe de s'enrichir a ses dépends. Bon cela est un autre problème l'esclavage existe encore aujourd'hui. Je parle ici des dictatures et de certain pays esclavagiste. Une grande partie, de ce qui se passe est dû au Africains."

Quelle est la bonne mesure ?
Les fautes du passé sont naturellement imputables aux dirigeants de l'époque plutôt qu'aux chrétiens d'aujourd'hui. Pourtant, "leur statut d'enfants de Dieu en font les proclamateurs de la vérité et les défenseurs des opprimés: Si les chrétiens ne reconnaissent pas les erreurs du passé qui le fera?" s'interroge Paul. Que les problèmes liés au siècle présent, ne nous fassent cependant pas oublier la réalité du corps de Christ. Comme le conclut Bonam "vous n'êtes pas sans savoir qu'en recevant Jésus, nous devenons une nouvelle créature. Ainsi, nous sommes libres et affranchis de tout péché. L'orgueil, la haine, la rancœur et le mépris doivent être oubliés pour faire place à l'amour. Aujourd'hui, il n'y a plus ni Grec ni Juif, ni païen, ni femme, ni homme, ni Noir ni Blanc, ni Arabe, ni Chinois. Nous sommes tous UN en Jésus Christ. Les couleurs, le passé, les différences doivent être oubliés. Si Dieu nous a pardonné en tant que pécheur nous devons également nous pardonner. Pourtant, si une demande de pardon doit être faite, qu'elle nous aide aussi à ne jamais oublier le passé pour ne jamais le répéter, pour que les générations futures voient et ne refassent plus les mêmes erreur."

De nombreuses marches de pardon ou démarches de réconciliations ont été organisées ces dernières années, à des niveaux régionaux, nationaux ou internationaux. Pour n'en citer quelques-unes, un voyage de réconciliation, Lifeline Expedition, a actuellement lieu le long du Méridien de Greenwich. Commencé le 14 juin en Angleterre, il se poursuit par étapes avec une marche à travers la France en 2002 (source Lifeline Expedition). Voir http://membres.lycos.fr/reconciliation.

Notre frère Michel Bontemps a également reçu du Seigneur la vision d'organiser une marche du pardon pour l'esclavage. Des chrétiens de divers pays européens qui ont acheté des esclaves parcourront les pays d'Afrique ayant participé à l'esclavage. Ces chrétiens demanderont pardon pour la traite des noirs, le plus souvent faite au nom de Dieu et de la Vierge. Les participants parcourront ces pays dans un but de pardon et d'évangélisation, et traverseront l'Atlantique en bateau, pour se rendre ensuite aux Antilles et aux USA, où les descendants des esclaves souffrent encore aujourd'hui dans leurs âmes, malgré le 150e anniversaire de l'abolition de l'esclavage, fêté en 1998. Pour plus d'informations : mich.bon@wanadoo.fr

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