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Témoignages

Témoignage de Jean, le 18 août 2001

Toi aussi tu peux faire de même – J’ai connu la chirurgie de Dieu

Pour jouer franc-jeu, je n’avais de l’homme blanc que l’image d’une personne méchante, mais alors très méchante par l’esprit d’égoïsme, à qui il est extrêmement dangereux de démontrer les moindres attitudes de confiance. Tout va du commerce des esclaves en Afrique. En réalité, tout Africain honnête peut avouer que la traite des nègres a laissé dans les cœurs une blessure relativement douloureuse qui a besoin d’être guérie. En tous cas, j’étais profondément choqué par l’esclavage qu’a connu le peuple africain quelques années en arrière.

J’étais instituteur lorsque je me persuadai de plus en plus de ma foi en Jésus Christ. L’Evangile était réalité dans ma vie, il avait déjà produit des phénomènes formidables en moi . D’ailleurs je le faisais sans orgueil, chaque fois que j’étais offensé, l’amour de Dieu me venait en aide pour pardonner. Mais il y avait une chose que je devais découvrir : il n’était pas de même avec l’offense de l’esclavage, jamais je n’étais confronté à la question de pardonner à l’homme blanc les offenses de l’esclavage. Est-il possible ? Je me souviens encore d’une matinée où j’étais face à mes élèves en train de dispenser une leçon d’histoire portant sur le commerce des esclaves, appuyé par une photographie des noirs rangés dans un navire prêt à partir sous le contrôle des vigoureux hommes blancs vers l’Occident, quand tout à coup une adolescente juste devant moi fondit en larmes, tout en sanglot : son camarade lui avait soufflé à l’oreille pour la taquiner que son grand-père était dans la bande des Noirs partis définitivement au pays des commerciaux (économistes blancs). Ce jour, je sentis comment mon cœur saignait au fond de moi-même. Face à mes élèves, j’étais face au péché de l’homme blanc. La haine dans mon cœur contre les Blancs était à son comble, j’ai du croire que cette haine était légitime. Pourtant j’aimais Dieu, j’avais plusieurs fois la pensée de consacrer toute ma vie au service du Seigneur. Mais avec un cœur alourdi par la haine, je savais que Dieu n’approuverait pas cela. Les Blancs chrétiens que je voyais à l’église, n’étaient, à mon avis, pas moins méchants que les esclavagistes. Ma relation avec eux n’était pas totalement libérée (il me semble que le péché affecte notre esprit et notre pensée et nous empêche de voir les choses positivement : Satan utilise un détail pour nous rendre aveugle dans les choses en général… quel piège subtil).

J’étais alors un jour en train d’écouter une jeune chrétienne blanche parler du pardon et de l’amour de Dieu, mais surtout de la guérison intérieure pour ceux qui ont connu des blessures intérieures. Cette jeune femme s’exprimait en espagnol et était traduite par un homme blanc qui lui, connaissait quelques peu le français. A la fin de sa prédication, elle nous interpella à la prière où elle a demandé à chacun de laisser son cœur parler. Mon cœur avait presque cessé de battre quand j’aperçu que les larmes dégoulinaient de mes yeux. Dans ma culture, il n’est pas aisé aux hommes de pleurer publiquement, surtout pas parmi les femmes. Mais ce jour je n’ai pas été un homme culturel, l’amour de Dieu état au-dessus de la culture. Je me mis à balbutier tout en pleurant pour expliquer de quoi il était question dans mon cœur. Notre traducteur ne put résister, il se mit lui aussi à pleurer. Il avait su que l’esclavage était une affaire désastreuse. Les deux se mirent à me demander pardon en s’identifiant à tous les Blancs qui demandèrent pardon à tous les Africains. Par la suite, il s’avança vers moi, posa ses mains sur mes épaules et me dit : « Est-ce que tu veux me pardonner ? » Ayant retrouvé mon calme, je secouai la tête pour dire « oui », et je me mis à leur demander de tout mon cœur pardon pour la haine accumulée dans mon cœur. Le pardon est une puissance qui libère, je venais de connaître une expérience nouvelle. Ma relation avec les Blancs devenait de plus en plus normale. Je pensais à accepter leur invitation de prendre ensemble une tasse de lait. C’était étrange pour moi de réaliser que j’avais commencé à éprouver de l’amour pour les Blancs. Jésus Christ avait fait une opération chirurgicale dans mon cœur : Jésus dit en Luc 4 :18 « Il (Dieu) m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé ». Il a renouvelé mon cœur, je crois que la haine ne peut être vaincue que par l’amour car « l’amour couvre une multitude de péchés », « La haine excite les querelles, mais l’amour couvre les fautes »(Proverbes 10 :12)

Certes, il y a encore des Africains, même chrétiens, qui continuent à porter ce poids douloureux dans leur cœur, peut-être de façon inconsciente. Mais l’amour de Jésus est toujours rafraîchissant, toujours permanent pour transformer les cœurs. Toi aussi tu peux faire de même et connaître la chirurgie de Dieu.

Aujourd’hui je suis marié à une jeune ravissante femme blanche et nous formons un couple heureux.

Gapelbe Jean

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Témoignage de Christine, août 2001

J’aimerais profiter de l’opportunité qui m’est offerte pour témoigner de ce que Jésus Christ m’a permis de découvrir. Je m’appelle Christine. Je suis de nationalité suisse et fais partie de l’équipe de travail du journal Appel Afrique. Avec mon mari et nos enfants nous avons vécu plusieurs années en Afrique où nous étions missionnaires.

Lorsque nous sommes arrivés sur le continent africain où nous ne connaissions personne, je me suis retrouvée seule. Même mariée, j’aspirais à avoir une véritable amie, une sœur en Christ avec laquelle nous pourrions partager nos expériences et nous encourager mutuellement. Car je ne pense pas qu’un mari remplace des amies. J’ai donc prié le Seigneur de me donner une amie. Après avoir prié, je me suis demandé: «Qui le Seigneur me donnera-t-il? une amie de Suisse ? de France? » Ces réflexions étaient charnelles et je découvris bientôt que Dieu avait un tout autre plan pour moi: il me donna une sœur africaine… et combien d’excellents moments nous avons passé ensemble à partager ce que Dieu accomplissait pour chacune de nous, à le louer aussi pour son œuvre merveilleuse. Je me suis mieux entendue avec cette amie africaine qu’avec beaucoup d’autres personnes de ma propre race. Par sa foi pratique, elle fut une immense bénédiction pour moi. Elle s’appelle Myriam et se reconnaîtra si elle lit ces lignes. Avec elle, et parce qu’elle était différente de moi (elle était Africaine, j’étais Européenne), j’ai beaucoup appris et beaucoup grandi spirituellement. J’ai compris que le fait de vivre parmi de personnes de race différente peut être une énorme bénédiction: nous faisons alors des découvertes que nous n’aurions jamais faites avec nos compatriotes. Nous apprenons à voir le monde d’une manière nouvelle.

Nous avons tous tendance à penser que notre vision des choses est la meilleure; s’approcher de l’autre nécessite toujours une certaine remise en question, car l’autre est nécessairement différent. Mais quelle bénédiction quand on ose faire ce pas!

Je suis très triste en voyant les conflits inter-raciaux ou inter-ethniques actuels. Ne nous laissons pas aller à ces rivalités mais regardons à Christ qui unit ses enfants de quelque race qu’ils soient. Mon désir est que cette réalité de Christ qui unit les peuples puisse être annoncée avec puissance. Si vous avez vécu une expérience semblable, merci de la partager avec nous.

Que Dieu vous bénisse.

Christine

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